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Pierre Campos : de la vie au théâtre, et du théâtre dans la vie

dans Témoignages | 1 commentaire

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Tous ceux qui fréquentent les séances de cinéma du mardi soir de Rouffignac-Saint Cernin connaissent ou ont forcément aperçu Pierre Campos. Ce grand monsieur souriant aux cheveux bouclés et grisonnants, au physique élancé à la Buster Keaton, supervise l’installation de la salle de cinéma. Installé à Rouffignac-Saint Cernin depuis 2002, passionné de théâtre et de cinéma, il est, depuis de longues années, le correspondant de Ciné Passion dans la commune. Mais avant son arrivée en Dordogne, Pierre Campos a eu une vie peu banale sur les planches ou devant la caméra. Le rideau se lève…

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Scène 01 : Gérard Philipe, mon idole !

« J’ai commencé un peu par hasard, mais je devais avoir ça dans mon esprit quelque part. J’avais raté mon baccalauréat. Je ne savais pas ce que j’allais faire. Mes parents étaient inquiets. J’ai rencontré Pierre Santini, un copain avec qui j’avais été au lycée et qui est devenu plus tard un acteur célèbre. Je lui ai demandé ce qu’il faisait maintenant. Il m’a dit qu’il avait été au conservatoire du Théâtre de Versailles, mais que depuis peu, il avait intégré le cours d’Art dramatique de Charles Dullin au TNP. Il m’a proposé de venir le voir afin de voir si cela pouvait m’intéresser. Je suis donc allé assister à ce cours. Et cela m’a plu. Je me suis dis, et bien ça y est, cela me plait. J’ai donc passé une audition et j’ai été pris en 1957. Ce cours faisait parti du Théâtre National Populaire de Chaillot (le TNP) qui à l’époque était dirigé par Jean Villar.

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La plupart des professeurs de ce cours était des comédiens du TNP comme Georges Wilson. Gérard Philipe ne donnait pas de cours ; Jean Villar, en donnait de temps en temps. Il y avait un tableau de service ou l’on pouvait trouver des annonces d’embauches afin de participer à des spectacles. Je me suis présenté aux auditions. La scène était gigantesque. C’était un théâtre de 2500 places. D’un seul coup, je vois monter sur scène… Gérard Philipe. Il cherchait des comédiens pour son spectacle qu’il mettait en scène, Lorenzaccio, dont il jouait le rôle principal. Il s’approche de moi et me dit « tu fais un peu jeune, mais bon, ça ira ». J’étais engagé pour la saison du TNP. Nous commencions au mois d’octobre, et je devais participer à "Lorenzaccio", "le Cid", "On ne badine pas avec l’amour" et "Marie Tudor". Gérard Philipe était mon idole. C’était très impressionnant de jouer dans les mêmes spectacles que lui. Lorsque nous sortions du TNP, il y avait énormément d’admiratrices qui l’attendaient. Un jour, je suis sorti avec un copain, des filles nous ont suivis pour nous demander des autographes.

 La première pièce à laquelle j’ai participé était "le Cid". J’étais le garde de Gérard Philipe. Donc je rentrais avant lui. Je suis rentré sur scène, et là, 2500 personnes se sont mises à applaudir. Ça m’a filé un choc. Ce n'était pas pour moi (rires), c’était pour lui, bien sur! A cette époque, il y avait également Philippe Noiret. Un jour, lors d’une représentation, tout le monde devait se mettre en place dans l’obscurité et il fallait se dépêcher. Moi, je rentre et je me casse la gueule contre quelqu’un. J’ai juste eu le temps de me relever avant que les lumières ne se rallument. C’était Philippe Noiret. Bon lui, il n’a pas bougé (rires). J’ai fait toute une saison… Après, ils sont partis en tournée et ont préparés le festival d’Avignon. Mon contrat s’arrêtait là. L’année d’après, je suis retourné au cours Dullin. Mais la compagnie Roger Planchon cherchait deux jeunes comédiens. J’ai eu du pot, je me suis fais engager. J’ai donc joué dans "Henry IV" et "Falstaff". Nous jouions au théâtre Montparnasse. Ce fut une très grande expérience. Parmi la troupe, il y avait un acteur absolument génial, Jean Bouise. Il a fait après çà beaucoup de cinéma… ».

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Prochainement
Scène 02 : Voyage en terre irlandaise

1 commentaire

  1. Lino

    15/10/2015

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    Très bonne idée cette tranche de vie… On va découvrir le parcours, sans doute riche et original, de Pierre.
    J’attends l’Acte II…!

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